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Sachez éviter les pièges du crédit à la consommation

(Publié par : Capital)

Depuis le 1er avril dernier, il n’existe en France plus que trois taux d’usure pour les crédits à la consommation, contre sept précédemment. Calculés chaque trimestre par la Banque de France, ces taux fixent les plafonds qu’aucun préteur ne peut dépasser sous peine de sanction.

Ils sont déterminés selon une moyenne des taux enregistrés sur le marché et dépendent du montant emprunté. Pour les crédits à la consommation de moins de 3.000 euros le taux d’usure est désormais fixé à 20,29%, pour ceux compris entre 3.000 et 6.000 euros à 16,25% et pour ceux supérieurs à 6.000 euros à 11,48%. Prudence tout de même : malgré ces garanties, souscrire un crédit à la consommation peut s’avérer très coûteux si vous ne faites pas attention aux chausse-trappes tendus par certains prêteurs peu scrupuleux. Nos conseils pour éviter les pièges des crédits à la consommation.

> Privilégiez le crédit amortissable plutôt que le révisable

Depuis la loi Lagarde de 2010, dès que le montant emprunté dépasse 1.000 euros, les établissements préteurs sont en principe tenus de vous proposer un crédit à la consommation classique comme alternative à un crédit renouvelable. Méfiance tout de même : certains continuent à contourner ces règles, les crédits renouvelables étant plus faciles à délivrer et sans échéance…En effet, après une première utilisation, vous pourrez être tenté d’y puiser à nouveau pour financer des dépenses courantes, et donc devoir rembourser perpétuellement des petites sommes, avec de gros intérêts.

Or il faut le savoir : les prêts amortissables sont toujours proposés à des taux d’intérêts inférieurs à ceux des crédits renouvelables. Autre avantage du prêt à la consommation classique : dès la souscription, vous connaissez le coût total de votre emprunt, avez un tableau d’amortissement et savez quel montant vous allez devoir rembourser chaque mois.

> Examinez le coût total du crédit

Les taux des prêts à la conso étant fixés selon les montants empruntés, l’astuce, pour certains préteurs consiste à vous prêter des sommes légèrement en deça des seuils réglementaires afin d’augmenter le coût de votre crédit. Soyez donc vigilant si on vous propose, par exemple, un emprunt de 2.950 euros, facturé au taux d’usure de 20,29%. Si vous exigez de souscrire un crédit de 3.050 euros, soit seulement 100 euros de plus, le taux maximal pourra tombé à 16,25%… Une économie d’intérêts non négligeable !

> Ne souscrivez pas l’assurance

L’assurance décès, invalidité, incapacité de travail (DIIT) est quasiment toujours proposée aux emprunteurs. Or, il faut systématiquement la refuser, les établissements n’ont pas le droit de s’y opposer.

En effet, cette assurance vient renchérir considérablement le coût de votre crédit, ses tarifs étant totalement prohibitifs, de l’ordre de 10 à 20 fois plus cher que la même vendue avec un crédit immobilier. En outre, si vous optez pour cette assurance, vous subirez un deuxième effet pervers : chez certains préteurs, la mensualité d’assurance s’impute direcrtement dans la mensualité de crédit remboursée, et non en plus. Cela signifie qu’à mensualité constante, vous remboursez un peu moins de capital chaque mois, la durée de votre crédit – et donc son coût – augmentant d’autant. Par exemple, si vous remboursez 100 euros par mois, dont 20 euros d’intérêt, 2 euros d’assurance et 78 euros de capital, vous amortirez nettement moins vite votre crédit que si vous remboursiez 20 euros d’intérêt et 80 euros de capital.

Si vous souscrivez un emprunt d’un montant modeste au regard de votre patrimoine (livrets, épargne logement,…), l’assurance n’a d’ailleurs aucun intérêt, car vous pourrez puiser dans vos liquidités pour rembourser votre emprunt en cas de coup dur. Enfin sachez que si la somme empruntée est plus importante, votre banquier ou votre assureur propose des contrats décès-invalidité classique à durée limitée, qui permettent de couvrir un capital pour une période fixée, à un coût nettement inférieur.

> Ne tombez pas dans les fausses offres promotionnelles

Pour vous inciter à souscrire un crédit renouvelable, certains établissements n’hésitent pas à mettre en avant des offres promotionnelles à taux canon, de l’ordre de 3 à 5%. Elles sont en général proposées avec une carte de magasin, ou pour un achat particulier (cuisine équipée, matériel hi-fi). Leur but est d’appâter le client en lui faisant miroiter la facilité d’utilisation de ces crédits. Le souci : une fois l’offre promotionnelle terminée, les taux pratiqués frôlent l’usure. Et si vous utilisez à nouveau le crédit renouvelable, vous risquez donc de le payer nettement plus cher. Pour éviter de vous laisser tenter, résiliez votre crédit, par lettre recommandée, après avoir profité de l’offre promotionnelle.

> Optez par des mensualités un peu plus importantes et remboursez par anticipation

Avec la loi Lagarde, les crédits de moins de 3.000 euros doivent être remboursés en 36 mois maximum et ceux d’un montant supérieur, avant 60 mois. Or certains établissements de crédit calent leurs échéanciers de remboursement sur ces durées maximales afin de générer le maximum d’intérêts autorisés par la loi.

Pour palier ce piège, il est possible d’opter pour des mensualités de remboursement supérieures à celles que vous propose votre préteur. En outre, à tout moment, vous pouvez rembourser votre crédit à la consommation par anticipation, même partiellement, pour diminuer le solde que vous devez. Seul point à vérifier : désormais, des pénalités de remboursement anticipé peuvent être prélevées par les préteurs, mais seulement pour les crédits à la consommation amortissable et pour un remboursement anticipé supérieur à 10.000 euros. La pénalité est alors de 1% maximum des sommes empruntées si le délai entre la date de remboursement anticipé et la date de fin de contrat est supérieur à un an ; et de 0,5% maximum si ce délai est de moins d’un an. Dans tous les cas, l’indemnité ne peut pas dépasser le montant des intérêts qu’il reste à payer.

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