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Les arnaques sur les crédits entre particuliers se multiplient

(Publié par : Le Figaro)

Véritable fléau sur le web, les arnaques aux crédits entre particuliers font des ravages : près de 250 plaintes de victimes de ces arnaques ont été recensées cette année par l’Afub. L’association estime qu’au moins 10 000 personnes auraient été abusées.

Les arnaques aux prêts entre particuliers prolifèrent sur Internet: près de 250 personnes ont porté plainte auprès de l’Association française des usagers des banques (Afub) cette année. Alarmée par la hausse du nombre de plaintes, l’association a rappelé aux internautes qu’ils devaient redoubler de prudence: «nous estimons qu’au moins 10 000 personnes auraient été victimes de ce type d’arnaques», a déclaré au Figaro Serge Maître, secrétaire général de l’Afub.

En décembre 2015 déjà, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait dévoilé une liste de sites frauduleux qui octroient des crédits sans y être autorisés et avait alerté les internautes sur «la multiplication des propositions de crédit à caractère frauduleux». Les prêts entre particuliers sont une alternative intéressante pour ceux qui ne parviennent pas à obtenir un prêt auprès d’une banque, puisqu’ils permettent à des personnes en situation précaire de se financer, quelles que soient leurs ressources.

 Le crédit low cost connaît une forte croissance

«Ce type d’arnarque se développe superbement puisqu’il frôle le concept d’économie solidaire», explique Serge Maître. Les témoignages des victimes mettent en avant un mécanisme bien rodé: les futures victimes sont appâtées par des courriels ou des messages sur les réseaux sociaux qui leur vantent la possibilité de souscrire un crédit directement à un particulier, avec des conditions très avantageuses (somme prêtée élevée, taux d’intérêt très faible, durées de remboursement très flexibles, par exemple) dont ils ne pourraient pas bénéficier auprès d’une banque.

Des escrocs qui jouent avec le fonctionnement de la banque

N’importe qui pourrait être victime de ce type de fraude tant le processus est crédible. Après avoir contacté la victime et lui avoir fait miroiter une offre de crédit alléchante, le fraudeur développe toute une stratégie d’étude de solvabilité de l’emprunteur. «Cette étude peut durer 4 à 6 semaines, et le fraudeur demande des relevés bancaires et divers documents administratifs, ce qui semble crédible. C’est d’ailleurs cette étape qui lève définitivement les doutes que l’emprunteur aurait pu avoir au début», déplore Serge Maître.

Le piège se referme ensuite inexorablement: l’arnaqueur envoie à l’emprunteur un premier chèque représentant la moitié du montant total du prêt, puis demande à l’emprunteur de lui envoyer de l’argent afin de couvrir des frais de dossier… et se volatilise. «Quelques jours plus tard, l’emprunteur reçoit un appel de sa banque qui lui apprend que le chèque qu’il a reçu de son prêteur est en réalité un faux», explique Serge Maître.

L’arnaque joue en réalité sur le fonctionnement de la banque. Entre la réception du chèque et son encaissement effectif s’écoulent en réalité jusqu’à 72 heures: durant ce laps de temps, le montant du chèque apparaît dans les relevés de banque en ligne, mais il n’est pas effectivement crédité sur le compte bancaire. «Du coup, les victimes voient le montant crédité sur leur compte et pensent qu’elles disposent effectivement des fonds, alors que ce n’est pas le cas. Et comme elles sont généralement honnêtes, elles s’acquittent des frais de dossiers réclamés par le supposé prêteur», explique Serge Maître. L’Afub appelle donc les banques à clarifier leurs conditions et demande à ce qu’elles indiquent très clairement que le crédit que les emprunteurs reçoivent est «provisoire, sous réserve que le chèque soit effectivement payé».

 

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